1.1 C
New York
Monday, February 26, 2024

À la Une: l’Équateur dépénalise l’euthanasie

Beaucoup de journaux équatoriens publient la photo d’une femme : Paola Roldán. C’est elle qui a obtenu la dépénalisation de l’euthanasie dans son pays ce jeudi 7 février. En apprenant que la Cour constitutionnelle d’Équateur avait tranché en sa faveur, par 7 voix pour, sur un total de 9 juges, Paola Roldán s’est sentie « très émue et soulagée », rapporte le quotidien El Universo. La jeune femme âgée de 42 ans souffre de la maladie de Charcot, une maladie neurodégénérative incurable qui la fait terriblement souffrir et la cloue dans son lit, incapable de bouger, sous oxygène, dépendante de quelqu’un 24 heures sur 24 heures.

Lors d’une conférence de presse virtuelle qu’a suivie El Universo, Paola Roldán a expliqué qu’il allait maintenant lui falloir quelques jours, à elle et à sa famille, pour « digérer » la nouvelle. Ainsi, explique le journal, son père, Francisco, est heureux que sa fille ait « obtenu une avancée historique qui sera un héritage pour la société équatorienne ». Mais il a aussi « le cœur à moitié brisé » parce que cette décision de la Cour constitutionnelle signifie que sa fille peut désormais mourir.

Quand Paola Roldán pourra-t-elle mourir ?

Ce n’est pas très clair pour l’instant. Selon Farith Simon, avocat de Paola Roldán, cité par La Hora, cette décision est à effet immédiat. Toute personne qui souffre intensément en raison d’une blessure grave et irréversible, ou d’une maladie grave et incurable, et qui en fait la demande de façon claire, libre et éclairée, peut bénéficier d’une procédure d’euthanasie active. Les médecins, de leur côté, ont le droit de faire jouer leur clause de conscience.

Mais selon El Telegrafo, la Cour constitutionnelle a donné deux mois au ministère de la Santé pour rédiger les textes encadrant concrètement l’euthanasie, et un an au Parlement pour voter une loi. On ne sait donc pas encore quand Paola Roldán pourra mourir en paix, dignement, comme elle le demande depuis des mois.

Elle est prête, comme l’explique La Hora. Elle a ainsi préparé une « capsule temporelle » pour son fils âgé de 4 ans. Dedans : tous les cadeaux d’anniversaires auxquels elle n’assistera pas ; des souvenirs et des conseils pour toutes les étapes importantes de sa vie : son premier amour, sa première rupture, ses premiers pas à la fac… Pas question, avec cette capsule, de lui imposer qui elle aurait voulu qu’il devienne, précise Paola Roldán. Au contraire, elle lui laisse de quoi l’encourager à être libre.

L’aboutissement d’un « travail titanesque »

Cette décision juridique est le résultat du combat acharné mené par Paola Roldán.  « La lutte pour les droits humains n’est jamais une route goudronnée », reconnaît la jeune femme, rapporte El Telegrafo. Diagnostiquée en 2020, Paola Roldán a déposé en août dernier sa demande devant la Cour constitutionnelle. 

Selon elle, précise El Universo, les juges ont fait le choix de « la solidarité, l’autonomie, la liberté et la dignité ». C’est elle – et rien qu’elle qui les a poussés sur cette voix, estime le journal La Hora. « Oui, avec sa lutte, Paola Roldan […] a offert son cœur à l’Équateur, le transformant en un pays un peu plus juste où ceux qui souffrent d’une maladie dégénérative ou chronique, comme elle, peuvent enfin accéder à l’euthanasie », écrit le quotidien. C’en est fini de la clandestinité pour les médecins et les patients comme elle « qui méritent de pouvoir choisir une mort digne », se réjouit le journal qui insiste. Paola Roldán « a changé l’histoire de l’Équateur » qui devient ainsi le neuvième pays au monde et le deuxième en Amérique latine, après la Colombie à autoriser l’euthanasie. 

Du répit sur le front des incendies au Chili

Selon les pompiers, les incendies qui ont ravagé la région touristique de Valparaiso sont éteints. Pour l’instant, selon le décompte établi par le journal chilien La Tercera, le bilan fait état de 131 morts, 40 personnes qui ont pu être identifiées, 6 000 habitations détruites, plus de 1 900 pompiers qui ont lutté pendant plus de 5 jours. Le Chili n’en a pourtant pas totalement fini avec les incendies puisque des foyers restent actifs dans certaines régions du pays.

Comment faire pour que de tels incendies ne se reproduisent pas ?

« Les feux de forêt ne sont pas une fatalité », titre El Mostrador. C’est même « tout le contraire », insiste Jorge Morales Gamboni, membre de l’Observatoire des politiques publiques et du territoire de l’Université de Santiago, à qui le journal a ouvert ses colonnes. Dans une longue tribune, le professeur rappelle qu’il faut s’occuper des forêts en hiver.

Cela évite de passer l’été « à éteindre les incendies et nous désoler de leurs conséquences catastrophiques », écrit-il en demandant à l’État d’intervenir, notamment pour que les zones d’interface urbain-rural soient propres. On ne doit pas y trouver de « poubelles, de déchets dangereux comme des pneus, ou tout simplement de mauvaises herbes ».

Des pare-feu et des systèmes de lutte contre les flammes

L’État doit mettre la main au portefeuille, insiste l’universitaire qui réclame un changement de stratégie au sein de la Conaf, l’organisme public qui gère les forêts du pays. Son département de prévention des incendies doit monter en puissance, être plus actif en hiver. Il doit notamment installer des pare-feu, y compris chez les particuliers, et veiller à leur entretien.

Autre recommandation de Jorge Morales Gamboni : que chaque maison, entreprise, garage, hangar… dispose d’un système anti-incendie (un point d’eau, des tuyaux, des produits chimiques retardateurs de flammes…).

Enfin, dernier point de cette feuille de route : l’usage de l’intelligence artificielle (IA) pour prévoir où vont se déclencher les incendies. Cela permettrait d’envoyer les policiers mener des rondes dissuasives, estime l’universitaire.

Source link

Related Articles

LEAVE A REPLY

Please enter your comment!
Please enter your name here

Stay Connected

0FansLike
0FollowersFollow
0SubscribersSubscribe
- Advertisement -spot_img

Latest Articles