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Tuesday, February 27, 2024

«L’Iran des mollahs est un État islamique qui tient du régime nazi et de la famille Corleone»

Emmanuel Razavi est journaliste et grand reporter, spécialiste du Moyen-Orient. Auteur de plusieurs documentaires et ouvrages sur notamment les filières liées à l’islamisme, il vient de publier aux éditions du Cerf un nouvel opus intitulé : La face cachée des mollahs : le livre noir de la République islamique d’Iran. Né d’une enquête journalistique, longue et fouillée, l’ouvrage tente de lever le voile sur la dimension mafieuse et criminelle du régime de Téhéran. Il est question dans ces pages d’une économie parallèle à base de trafic d’armes, de drogue, de femmes et de blanchiment d’argent, impliquant les dirigeants iraniens et leurs sbires. Entretien avec l’auteur.

RFI : Comment est née l’idée de cette enquête et comment avez-vous travaillé ?

Emmanuel Razavi : L’idée de ce reportage est née du fait que depuis le début du mouvement des femmes en Iran, je recevais un certain nombre d’informations de la part des gens qui étaient à l’intérieur de l’Iran et qui me transmettaient des documents compromettants pour le régime. Il s’agissait notamment de gens qui avaient collaboré avec les Gardiens de la Révolution ou qui étaient proches du bureau du Guide suprême. Ces gens ont compris, je crois, que quelque chose était en train de se passer en Iran avec la révolution initiée par les femmes, il y a un an et demi. Comme on reçoit beaucoup d’informations bidonnées, j’ai commencé par recouper les données auprès de spécialistes, notamment des gens du renseignement. C’était normal pour moi car je suis avant tout journaliste et pas un journaliste militant parce que je pense que les deux ne sont pas compatibles. Cela dit, la morale et le bon sens commandent de dénoncer les totalitarismes en général. Chacun d’entre nous étant attaché à la démocratie, on ne peut pas tolérer que des gens soient torturés, massacrés. Nous savons tous ce qui se passe dans les prisons iraniennes, la torture, le viol, la pratique du viol étant quasi systématique. J’ai donc voulu enquêter sur ces choses-là, mais toujours en recoupant les informations. Je n’ai jamais pris pour argent comptant ce que l’on me disait. J’ai toujours vérifié en sollicitant plusieurs sources pour m’assurer que l’information soit fiable avant de la diffuser. S’agissant de ma dernière enquête, je donne quelques documents d’ailleurs dans le livre en annexe, parce qu’il me semblait important aussi d’apporter des preuves à l’appui de mes affirmations. Ces documents confirment ce que je dis dans le livre sur la corruption et les dessous mafieux du régime de Téhéran.

On pourrait diviser votre ouvrage en trois grandes parties : une première partie où vous revenez sur les origines de la révolution islamique, l’instauration du régime des mollahs dans la deuxième partie et enfin comment le régime est devenu la première organisation criminelle au monde et une véritable mafia. Alors que pour le grand public, c’était la modernisation à marche forcée engagée par le dernier chah qui aurait accéléré le processus révolutionnaire, pour vous, comme vous racontez dans la première partie historique de l’ouvrage, c’est la réforme agraire du chah qu’on appelle aussi la « révolution blanche » qui, en mécontentant le clergé, avait mis le feu aux poudres. Qu’est-ce que la Révolution blanche et comment elle a conduit au renversement du régime ?

Beaucoup de travaux qui ont été publiés sur l’Iran en général, et notamment sur la révolution iranienne, racontent que la révolution est arrivée parce que le chah avait d’abord été un dictateur et parce qu’il avait modernisé de façon extrêmement rapide la société iranienne. J’ai voulu aller voir plus loin, en prenant le temps pour déconstruire un certain nombre de représentations qui avaient été faites depuis la révolution de 1979. Je suis allé travailler effectivement sur cette fameuse « Révolution blanche », qui commence en 1963, quand le chah d’Iran Mohammed Reza Pahlavi décide d’entamer un certain nombre de réformes. Ces réformes sont liées à la modernisation du pays : il crée des écoles, des universités et il lance aussi, en même temps, une réforme agraire qui consiste à redistribuer une partie des terres dont un certain nombre sont entre les mains du clergé iranien. Quand on analyse cette période de l’histoire, on se rend compte que la contestation emmenée par l’ayatollah Khomeini, qui à l’époque n’est pas encore « ayatollah », elle est issue de cela parce que, évidemment, le clergé possède beaucoup de terres. Concrètement, dans les provinces rurales de l’Iran, le fait de posséder des terres, donne au clergé un certain nombre de prérogatives, un certain ascendant sur les populations rurales. Et se voyant confisquer ses terres, les mollahs craignent de voir ces prérogatives leur être retirées. Et c’est comme ça qu’émerge la contestation de l’ayatollah Khomeini. Il me semblait important de le dire. Parce que ramener l’histoire systématiquement au fait que le chah était un dictateur me paraissait un petit peu court. En réalité, le chah a énormément contribué à libéraliser l’Iran. Certes, on peut lui reprocher d’avoir été extrêmement dur, notamment avec les oppositions communistes, c’est une évidence. Mais il a engagé aussi des réformes majeures, notamment sur la condition des femmes, sur l’éducation, tant sur le plan des écoles que des universités. Je voulais rétablir cette vérité historique parce qu’en France des intellectuels comme Jean-Paul Sartre ou Michel Foucault qui, par leur positionnement de lutte anti-impérialiste, ont raccourci un peu la réalité sur les véritables fondements de la Révolution islamique.

Que disent les historiens iraniens de la Révolution blanche ?

Les historiens nous apprennent que quand le chah décide de faire la Révolution blanche, un certain nombre d’Iraniens accompagnent effectivement l’idée, en même temps que d’autres la contestent parce qu’encore une fois, ils ont peur de perdre, là je parle des mollahs, leurs prérogatives. Mais oui, globalement, elle est assez bien accompagnée. On se rend compte qu’une partie de la population trouve quand même que c’était intéressant. Sauf qu’elle était peut-être faite trop rapidement, elle manquait peut-être de méthodologie. Et donc, elle va être faite de façon parfois un peu chaotique, de façon un peu désordonnée et cela va susciter une réelle incompréhension d’une partie de la population, qui finira par y trouver son compte. Globalement, l’idée est plutôt bonne parce qu’elle consiste encore une fois à moderniser et à libéraliser l’Iran. Je ne suis pas pour autant en train de dire que le chah avait le projet de construire une démocratie. Il était encore une fois un dictateur, mais doublé de modernisateur. C’est important de le rappeler. Je pense que c’est important de se démarquer des schémas de pensée qu’on nous a imposés depuis une quarantaine d’années et qui ne sont pas toujours très exacts. C ‘est ce que m’a montré mon enquête. Je suis allé voir dans les textes, j’ai interviewé des gens qui ont participé à ces réformes.

Particulièrement passionnantes sont les pages de votre livre où vous montrez comment la révolution iranienne d’obédience chiite puise ses fondements idéologiques dans la pensée sunnite des Frères musulmans, malgré leurs différences doctrinaires. C’est donc plutôt Hassan al-Banna et non, comme on a longtemps dit, le philosophe iranien Ali Shariati, qui serait d’après vous, le véritable inspirateur de la révolution islamique iranienne. Comment s’explique cette influence doctrinaire de l’islam sunnite sur le fondateur de la République islamique de l’Iran qui professe un islam chiite ?

Il convient ici de nuancer nos propos. Ali Shariati, qui est un intellectuel, a joué un rôle réellement. On peut dire qu’il est l’un des inspirateurs, mais il n’est pas le seul inspirateur. Parce que si vous voulez, à la fin des années 1940, Khomeini était lié à une organisation qui s’appelle les Fedayins de l’Islam, une organisation chiite iranienne qui pratique d’ailleurs le terrorisme. Et elle a pour chef un type qui s’appelle Navvab Safavi, qui, lui, a pour maître un certain Sayyid Qutb, l’un des théoriciens les plus influents de l’organisation égyptienne des Frères musulmans, qui est d’obédience sunnite. C’est Safavi que Khomeini côtoie à l’époque, qui lui transmets les enseignements des Fréristes et le futur fondateur de la République islamique est immédiatement saisi par la conception politico-religieuse qu’a Qutb de la charia. C’est ainsi que Khomeini a fait sienne la doctrine Frériste. Cette théorie a été remise en question. Or, en travaillant, on se rend compte que le lien entre les Fedayins de l’Islam iranien et les Frères musulmans égyptiens est très profond. La confrérie égyptienne a soutenu publiquement la révolution iranienne. Plus tard, au moment de la guerre Iran Irak, les Frères musulmans ont apporté un soutien notamment humanitaire au régime iranien. Donc, ce lien entre le régime iranien et les Frères musulmans, il est quasi constant, même si bien évidemment, les Iraniens sont chiites et les Frères musulmans sunnites. Les historiens que j’ai pu consulter rappellent que dans les années 1950, les Fedayins de l’Islam se rebaptisent « l’organisation des Frères musulmans iraniens », ce qui en dit long sur la grande proximité des deux organisations.

Cette histoire est passionnante parce qu’elle montre que la séparation entre les chiites et les sunnites est en grande partie une construction intellectuelle et ne résiste pas sur le terrain à l’épreuve des faits.

Vous avez raison et c’est pour ça que lorsque j’ai commencé en fait à travailler sur ce livre sur la face cachée du régime iranien, j’ai décidé de me couper des représentations qui avaient été faites depuis 45 ans de l’islam au Moyen-Orient pour faire une enquête de journaliste et aller chercher les faits, rien que les faits. J’ai pu constamment constater que nous sommes souvent prisonniers de nos structures mentales et que nos clichés ne résistent pas à l’épreuve des faits. Les faits vont souvent à l’encontre de ce que les historiens nous ont raconté. On nous a raconté par exemple que les sunnites et chiites ne s’entendent pas. La réalité est toute autre. Même encore aujourd’hui, on l’a vu au Proche-Orient, en Israël, il y a quelques mois, que l’Iran était derrière le Hamas. Donc, si vous voulez, sur le terrain, la réalité est parfois différente. Il y a parfois des intérêts convergents, ils ne sont pas constants. C’est ce qui explique que l’Iran aujourd’hui soit à la fois derrière le Hezbollah chiite et le Hamas sunnite. Je rappelle au passage que le Hamas est la branche palestinienne des Frères musulmans, de l’Organisation des Frères musulmans.

Vous commencez votre livre en disant que l’Iran des mollahs est en réalité un État islamique qui tient du régime nazi et de la famille Corleone. Pourriez-vous expliquer quel rôle les Gardiens de la révolution en Iran, qu’on appelle les pasdarans, ont-ils joué dans la mise en place de ce de ce système mafieux ?

Rappelons pour commencer que l’entité des gardiens de la révolution a été créée depuis Paris fin 1978. A l’époque, l’ayatollah Khomeini, est en exil, en France, à Neauphle le Château, dans la région parisienne. Il est rejoint par un homme qui s’appelle Mohsen Sazegara, qui va lui proposer de créer une armée du peuple. Sazegara se méfie complètement de ce qu’est en fait l’armée iranienne. Il pense qu’il faut une deuxième armée, une sorte de milice paramilitaire qui prendra le pas dans les faits sur l’armée régulière. Quand Khomeini rentre en Iran, il donne carte blanche à Mohsen Sazegara pour créer cette armée du peuple. Trois mois plus tard, celle-ci va naître sous le nom de Gardiens de la révolution. Très rapidement va arriver la guerre entre l’Iran et l’Irak qui va durer huit ans environ, et qui verra les gardiens de la révolution s’illustrer sur le front. Au terme de la guerre, les gardiens rentrent au pays, auréolés d’une certaine gloire. L’Etat leur octroie des facilités financières, sous forme des prêts, des subventions. Ils ne vont pas tarder à mettre la main, en fait, sur une partie des entreprises iraniennes. A tel point qu’aujourd’hui on sait qu’ils détiennent à peu près 60 % de l’économie. Et très rapidement, ils vont aussi commencer à monter en grade au sein du pouvoir politique, notamment avec l’arrivée de Mahmoud Ahmadinejad en 2005, qui nomme les gardiens à des postes stratégiques dans plusieurs ministères. Et à partir de là, forts de leur pouvoir financier, fort de leur influence politique, ils vont investir de plus en plus dans différents business, qui sont liées au trafic d’armes, aux trafics de drogue, aux trafics humains, la prostitution, y compris la prostitution enfantine. Ils vont investir dans des casinos pour blanchir leur argent, notamment à Macao, en Asie, et à Chypre. Ils vont mettre en place en Turquie, tout un système d’agences de change de devises pour, en réalité, blanchir une partie de leur argent. Et peu à peu, d’ailleurs, c’est ce que m’a dit Mohsen Sazegara que j’ai longuement interviewé. Pour Sazegara, le corps des Gardiens de la révolution est devenu en fait une « pieuvre » à l’image de la pieuvre mafieuse.

Et quel rôle jouent ces pasdarans dans la diplomatie ?

Vous avez raison de poser la question. Ce n’est pas tant moi qui le dit qu’un certain nombre de spécialistes du renseignement que j’ai interviewés sur la question. Des gens qui ont travaillé sur les pasdarans. J’ai interviewé d’anciens agents infiltrés qui connaissent bien le système de l’intérieur et qui m’ont expliqué que les gardiens de la révolution pratiquent la diplomatie du terrorisme, la diplomatie des otages. C’est à dire que quand le régime iranien se lance dans une négociation avec l’Occident, et si ce dernier ne s’aligne pas sur les désidératas du régime, alors les pasdarans, notamment via une de leurs entités qui s’appelle la Force Al-Qods, en charge des opérations extérieures, menacent de prendre des otages.  Les pasdarans menacent systématiquement soit de prendre des otages, ou de pratiquer des assassinats ciblés sur le sol européen ou de pratiquer des opérations d’envergure en matière de terrorisme contre les intérêts occidentaux. Depuis 46 ans, ce bras de fer, que représente la diplomatie du terrorisme et des otages, se poursuit de façon constante avec, entre l’Iran et l’Occident.

Cette diplomatie de la terreur se pratique aussi avec l’aide ce que vous appelez les « proxys ».

Bien sûr. Les pasdarans ont mis en place un véritable « arc de proxy » dans lequel s’inscrit le Hezbollah créé en 1982 au Sud-Liban, qui est en fait une émanation du corps des gardiens de la Révolution. Vous avez bien sûr aussi les Houthis au Yémen. On en parle beaucoup en ce moment. Le régime s’appuie de façon quasi systématique en fait, sur ces relais pour pratiquer justement des opérations terroristes, donc de pression sur les intérêts occidentaux, qu’ils soient américains bien sûr ou français. On se souvient de l’attentat notamment du Drakkar en 1983, mais c’est une pression constante et ça perdure encore aujourd’hui, notamment à Gaza par le biais du Hamas, un proxy majeur. Des terroristes et des combattants du Hamas et du jihad islamique ont avoué aux services de sécurité israéliens avoir été formés en Iran. Les gardiens voyagent, partant de Gaza, en passant par l’Égypte et ensuite en Syrie, pour faire des formations à l’artillerie, au tir, au tir, au sniping, donc au tir d’élite. On voit donc qu’il existe un lien direct entre le corps des gardiens de la révolution et ses proxy qui les aident logistiquement, qu’ils financent parfois et qu’ils forment.

Si l’implication du régime iranien dans les événements survenus depuis le 7 octobre est avérée, comme vous l’affirmez dans votre livre, comment expliquer qu’Israël qui veut autant se débarrasser de l’Iran que l’Iran d’Israël, n’a pas encore bombardé Téhéran ?

Alors, j’ai posé la question pendant que j’étais en Israël, à des officiers. Ils me disent : « On ne peut pas être partout en même temps. Aujourd’hui, on est pris sur beaucoup de fronts. » Ils sont pris évidemment au nord d’Israël avec les attaques quotidiennes du Hezbollah. Ils sont pris au sud, évidemment avec le Hamas. Ils connaissent aussi de fortes tensions avec la Syrie. Donc aujourd’hui, les Israéliens, si vous voulez, sont pris, je dirais, de toutes parts. Ils me disent qu’ils n’ont pas la capacité aujourd’hui d’un affrontement avec l’Iran, mais ça ne veut pas dire que ça ne viendra pas. En fait, aujourd’hui, on est complètement dans une guerre qui est une guerre asymétrique.

Vous avez expliqué que vos sources pour ce livre vont des opposants intérieurs aux anciens pasdarans, en passant par des diplomates, des sociologues, des conseillers présidentiels, voire le fils en exil du dernier chah d’Iran. Quelles leçons avez-vous tirées de ces conversations sur l’avenir de ce pays dont vous êtes issu et auquel vous restez manifestement attaché ?

Écoutez, il y a une conclusion en tout cas que j’ai tirée, qui est qu’aujourd’hui, le régime, je pense, est profondément fragilisé. Réellement. Si les oppositions iraniennes aujourd’hui, pour appeler un chat un chat, ont du mal encore à se coordonner, il y a quelque chose qui est en train de se mettre en place. Je pense moi que, aujourd’hui, les oppositions iraniennes, qu’elles soient de gauche ou monarchistes, peu importe, je pense qu’elles veulent tous aller dans le sens en fait de la mise en place d’une démocratie en tout cas, ou au moins en ce qui concerne les monarchistes, d’un régime monarchiste parlementaire. Donc il y a quelque chose qui est en train de se passer. Il y a des dialogues qui sont compliqués, évidemment, mais ce qu’on peut regretter, c’est que les puissances occidentales ne soutiennent pas suffisamment les opposants iraniens. Ces opposants sont hétérogènes, ça va des Kurdes aux monarchistes, en passant par des opposants apolitiques. On trouve ces derniers parmi les jeunes générations qui veulent juste se débarrasser du régime islamiste. Et je pense qu’il y a au sein du régime et au sein des services de renseignements une forte prise de conscience aujourd’hui des menaces , comme j’ai pu le constater en parcourant et analysant des documents que j’ai pu obtenir. Les dirigeants sont conscients qu’ils vont avoir beaucoup de mal à aller contre la révolution générationnelle qui les guette. N’oublions pas que la moyenne d’âge des Iraniens, c’est 32 ans. Quelque chose est en train de basculer. Alors, ça ne veut pas dire que le régime va tomber demain ou après-demain, Ça prendra du temps, assurément. J’ai le sentiment, moi, que l’Occident, quand même, ne se prépare pas assez à ces changements qui, tôt ou tard,vont arriver. Ce sera peut-être dans un an, dans deux ans, je n’en sais rien. Mais en tout cas, ces changements, ils vont arriver.

(Propos recueillis par Tirthankar Chanda)

La face cachée des mollahs: le livre noir de la République islamique d’Iran, par Emmanuel Razavi. Éditions du Cerf, 226 pages, 22 euros.

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