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Monday, February 26, 2024

un recours aux remèdes traditionnels qui inquiète

Des Comores à Madagascar en passant par la Tanzanie, plusieurs pays africains sont actuellement touchés par une épidémie de conjonctivite. Ainsi, à Dar es Salam, capitale tanzanienne, le nombre de cas des yeux rouges est passé de 800 malades à plus de 5 000 en deux semaines.

Publié le :

4 mn

Des yeux rouges qui piquent ou qui pleurent, des paupières gonflées… Depuis début janvier, la conjonctivite irrite des milliers de personnes dans quatre pays africains – Comores, Madagascar, Tanzanie et Kenya – et à Mayotte. D’origine virale ou bactérienne, la maladie est sans danger, à condition de bien respecter les consignes sanitaires. Problème : certains patients préfèrent recourir à des remèdes alternatifs pour se soigner.

Ce qui inquiète l’Organisation mondiale de la santé (OMS). « Tout ce qui pourrait être appliqué sur les yeux pourrait avoir un effet irritant, voire corrosif et cela pourrait entraîner la formation de cicatrices. Une fois les cicatrices formées, la transmission de la lumière est entravée. Cela entraîne une perte de vision ou une vision floue, ce qui rend la maladie plus difficile à soigner que si on la laissait guérir toute seule », explique Kaitesi Mukara, médecin au sein du bureau régional de l’OMS à Brazzaville.

Des remèdes qui consistent à se laver les yeux avec de l’urine ou du sulfate d’aluminium ou encore de l’huile de chanvre sont des remèdes pourtant défendus par l’Organisation de la médecine traditionnelle et de la protection de l’environnement en Tanzanie. « Lorsque vous utilisez ces remèdes, c’est important de vous adresser à des personnes compétentes pour soigner ces symptômes dont souffrent les gens. Ne vous adressez pas à n’importe qui, ni aux personnes qui ne sont pas enregistrées sous la loi de 2002 », prévient toutefois Boniventura Mwalongo, porte-parole de l’Organisation de la médecine traditionnelle.


« Les gens doivent observer une bonne hygiène oculaire »

En Tanzanie, alors que l’épidémie de conjonctivite s’étend désormais à 17 des 31 régions, les autorités multiplient les messages de prévention. Entretien avec Christopher Cyrillo Mathias, médecin à Dar es Salaam.

RFI : Quelle est la situation en Tanzanie ?

Christopher Cyrillo Mathias : Il y a deux semaines, je voyais mon ami qui travaille dans le quartier, sortir de chez lui avec des yeux rouges. Depuis, il s’est rétabli, mais sa femme et son fils ont maintenant contracté la conjonctivite. À quelques mètres de chez moi, il y a quelques personnes qui ont les yeux rouges. La maladie progresse.

J’ai entendu dire que les gens utilisent de l’urine pour soigner les yeux rouges, d’autres de l’eau froide mélangée à du sel, certains pensent à mettre de la boue. Je crois qu’il y a des gens dans notre société qui se permettent de donner leur avis sur les questions médicales. Ils parlent sans filtre et l’information se propage rapidement.

En tant que médecin, quel est le défi représenté par les médecines alternatives proposées par des guérisseurs traditionnels ?

Les Tanzaniens vous voient comme un médecin, ils entendent ce que vous dites, vous leur donnez des conseils, mais la fois suivante, ils vont aller voir une autre personne qui n’est pas un professionnel de la santé, et ils les écoutent aussi et après, ils ne savent plus qui suivre. Ils sont capables d’écouter n’importe quoi, peu importe d’où ça vient, si c’est la voix d’un médecin ou pas. C’était la même chose pendant la période de Covid-19. Tout le monde donnait des conseils qu’il pensait bons et la population était perdue.

Vous savez, la majorité de notre population est inculte sur les questions de santé. Les gens écoutent les mauvais conseils. Ce n’était pas la première fois avec le Covid-19. Ce n’est certainement pas la dernière.

Comment promouvoir alors de bonnes pratiques en matière de santé ?

En tant qu’individu, j’utilise les réseaux sociaux pour éduquer les gens et je leur conseille de suivre les consignes provenant de sources fiables : le ministère de la Santé, les médecins identifiés et les autres instituts de santé. Il faut rappeler que la maladie des yeux rouges n’est pas mortelle, elle guérit toute seule. Les gens doivent observer une bonne hygiène oculaire : bien se laver les yeux au moins trois fois par jour et se tenir à l’écart des personnes déjà contaminées. Ces dernières doivent également se protéger contre la propagation de l’infection.

Et lorsque la situation s’aggrave, les personnes malades doivent consulter un médecin à l’hôpital.

À écouter aussiLes infections de l’œil

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